Ottawa, le 6 octobre 2026 – La réponse donnée aujourd’hui par le gouvernement de l’Ontario à un patient ontarien atteint d’un mélanome, à qui on a refusé la couverture publique pour un traitement à l’étranger approuvé par Santé Canada mais pas encore accessible au public dans la province, met en lumière un problème national général qui nécessite une solution nationale : la lenteur de l’accès aux nouveaux médicaments et la sous-évaluation chronique de l’innovation.
Il faut actuellement 35 mois avant qu’un médicament approuvé par Santé Canada soit disponible au Canada par l’entremise des régimes publics d’assurance médicaments, contre 5 mois en Allemagne, 16 mois en France, 18 mois en Suède et 19 mois au Royaume-Uni. En conséquence, le Canada se classe au dernier rang des pays du G7 et 19e sur 20 pays pairs de l’OCDE en ce qui concerne l’accès public aux nouveaux médicaments. Seulement 21 % des nouveaux médicaments lancés dans le monde sont remboursés par les régimes publics d’assurance médicaments du Canada, alors que la moyenne de l’OCDE est de 29 %.
Une grande partie de ce délai est attribuable à un processus multipartite d’évaluation de la valeur et du prix d’un médicament. Les provinces et les territoires décident ensuite de façon indépendante s’ils ont les moyens d’inclure le médicament dans leurs régimes publics d’assurance médicaments. Il en résulte de longs délais d’attente et d’importantes inégalités en matière d’accès aux nouveaux médicaments à l’échelle du pays.
Le Groupe de travail sur le secteur pharmaceutique et des sciences de la vie, qui réunissait des représentants de l’industrie, du gouvernement et de la communauté de la recherche, a été mis sur pied en mars 2026 afin de trouver des solutions à ces défis structurels. Dans son rapport publié en juillet, il a formulé 39 recommandations visant à renforcer la compétitivité du Canada dans le domaine des sciences de la vie et à garantir un accès plus rapide et plus fiable aux médicaments. Les enjeux ont été abordés sans détour : « Des changements progressifs ne seront pas suffisants pour saisir cette occasion. » MNC est entièrement d’accord. Les Canadiens devraient avoir accès aux nouveaux traitements dès que Santé Canada en aura approuvé l’innocuité et l’efficacité, et non pas plus de deux ans plus tard.
Les provinces et les territoires sont au cœur des décisions relatives à la prestation des soins de santé, au financement et à l’accès aux soins. Pourtant, ils font face à d’importantes pressions financières et à des systèmes de santé exténués. La santé a constitué la principale dépense des gouvernements provinciaux et territoriaux, ainsi que des administrations municipales en 2024, représentant plus de 34 % des dépenses. Les transferts fédéraux en santé n’ont pas suivi le rythme de l’évolution des besoins.
Les politiques pharmaceutiques américaines actuelles, comme la politique de tarification de la nation la plus favorisée (NPF), visent à faire baisser les prix des médicaments aux États-Unis, actuellement les plus élevés au monde, pour les ramener à des niveaux comparables à ceux de pays où les prix sont plus bas, comme le Canada. Elles exercent donc une pression supplémentaire sur des systèmes pharmaceutiques déjà mis à rude épreuve.
Sans les moyens d’inscrire d’autres médicaments révolutionnaires, les recommandations du groupe de travail ne pourront pas se traduire par des progrès pour les patients. C’est pourquoi il est primordial d’augmenter le financement fédéral accordé aux provinces et aux territoires, en particulier pour les médicaments novateurs.
Le besoin de nouveaux médicaments est urgent. En 2026, plus de 250 000 Canadiens recevront un diagnostic de cancer et plus de 87 000 en mourront. MNC et ses membres sont prêts à collaborer avec les gouvernements pour relever ces défis structurels afin que les patients puissent avoir accès aux médicaments salutaires dont ils ont besoin, quand ils en ont besoin.
Faits saillants
- Les innovations pharmaceutiques mises en œuvre entre 2000 et 2022 ont réduit la mortalité prématurée au Canada de 49 %.
- Les médicaments novateurs ont réduit les jours d’hospitalisation au Canada de 55 % en 2022 seulement, permettant d’économiser près de 80 milliards de dollars en frais hospitaliers.
- Chaque dollar investi dans les médicaments novateurs génère près de trois dollars de valeur économique sous forme d’emplois de qualité, de revenus du travail et de recettes publiques.
À propos de Médicaments novateurs Canada
En tant que voix de l’industrie pharmaceutique novatrice canadienne, Médicaments novateurs Canada (MNC) représente plus de 40 compagnies membres. MNC plaide en faveur de politiques qui permettent la découverte, le développement et la distribution de médicaments et vaccins novateurs pour améliorer la vie de tous les Canadiens. Ses membres contribuent à hauteur de 25 milliards de dollars à l’économie, soutiennent près de 150 000 emplois de grande valeur et investissent 3,5 milliards de dollars dans la recherche et le développement. Tous ses membres suivent le Code d’éthique de MNC, ils travaillent donc de manière hautement éthique avec les gouvernements, les payeurs privés, les professionnels de la santé et les parties prenantes.
Pour de plus amples renseignements : media@imc-mnc.ca